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La Gazette des Absents (numéro 26)


No 26, Jeudi 12 Janvier 1871

PARAIT
Les Mardi, Jeudi et Samedi
à 10 h. du matin.
D. JOUAUST, REDACTEUR.
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LETTRE-JOURNAL
DE PARIS
Gazette des Absents

Prix : 15 centimes.
EN VENTE A PARIS
Rue Saint-Honoré, 338
et au bureau du Figaro
RUE ROSSINI, 3
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AVIS.Avec le numéro de jeudi nous publions chaque semaine une gravure empruntée à l'ILLUSTRATION. Celle qui parait aujourd'hui représente l'abatage de l'un des deux éléphants du Jardin des Plantes, livrés dernièrement à l'alimentation. Consulter Voir l'image

MARDI, 10 Janvier 1871. -- RAPPORT MILITAIRE : 9 janvier, soir. Du côté de la Malmaison il y a eu dans l'après-midi d'hier plusieurs engagements. Ce matin, en plein jour, l'ennemi a renouvelé une attaque qu'il avait déjà faite de nuit contre la maison Crochard et sur le poste des Carrières, à gauche de Rueil. C'est la quatrième tentative qu'il fait sur cette position. Les francs-tireurs de la mobile de la Loire-Inférieure et les tirailleurs de l'Aisne ont laissé approcher l'ennemi et l'ont repoussé après lui avoir fait éprouver des pertes. - Les abords du Panthéon et le 9e secteur ont reçu beaucoup d'obus ; plus de 30 de ces projectiles, du plus gros calibre, ont porté sur l'hospice de la Pitié ; une femme y a été tuée, et les malades d'une salle ont dû être évacués dans les caves. Le Val-de-Grâce a été bombardé également. L'ennemi semble prendre pour objectif les établissements hospitaliers... Pendant la nuit, les Prussiens ont tiré à toute volée sur la ville. Les obus, passant par-dessus les remparts, sont allés tomber dans les quartiers éloignés de l'enceinte. Le bombardement a continué sur les forts du Sud, pendant la journée, avec moins de violence que les jours précédents.

  Décrets : nommant, à la suite de la démission de M. Delescluze, maire, et de ses adjoints, une commission provisoire chargée de l'administration du 19e arrondissement ; - ouvrant au ministre de l'agriculture, sur le budget de 1871, un crédit de 30 millions pour le payement des dépenses concernant l'approvisionnement de Paris.

  Dépêche de Gambetta à Jules Favre, du 31 décembre, arrivée avant-hier soir avec les autres, et connue seulement ce matin, à cause du temps qu'il a fallu pour la déchiffrer. Cette longue dépêche nous donne les détails les plus encourageants sur l'état de nos armées en province, sur l'épuisement des forces ennemies, et sur le mouvement patriotique qui se produit dans la France entière.

- Le Bombardement. Nous empruntons au Journal officiel les détails suivants : Après un investissement de plus de trois mois, l'ennemi a commencé le bombardement de nos forts le 30 décembre, et, six jours après, celui de la ville. Une pluie de projectiles, dont quelques-uns pesaient 94 kilogrammes, apparaissant pour la première fois dans l'histoire des sièges, a été lancée sur la partie de Paris qui s'étend depuis les Invalides jusqu'au Muséum. Le feu a continué jour et nuit, sans interruption, avec une telle violence, que, dans la nuit du 8 au 9 janvier, la partie de la ville située entre Saint-Sulpice et l'Odéon recevait un obus par chaque intervalle de deux minutes. Tout a été atteint : nos hôpitaux regorgeant de blessés, nos ambulances, nos écoles, les musées et les bibliothèques, les prisons, l'église de Saint-Sulpice, celles de la Sorbonne et du Val-de-Grâce,
  un certain nombre de maisons particulières. Des femmes ont été tuées dans la rue, d'autres dans leur lit ; des enfants ont été saisis par des boulets dans les bras de leur mère. Une école de la rue de Vaugirard a eu quatre enfants tués et cinq blessés par un seul projectile. Le musée du Luxembourg, qui contient les chefs-d'oeuvre de l'art moderne, et le jardin où se trouvait une ambulance qu'il a fallu faire évacuer à la hâte, ont reçu vingt obus dans l'espace de quelques heures. Les fameuses serres du Muséum, qui n'avaient point de rivales dans le monde, sont détruites. Au Val-de-Grâce, pendant la nuit, deux blessé, dont un garde national ont été tués dans leur lit. Aucun avertissement n'a précédé cette furieuse attaque. Paris s'est retrouvé tout à coup transformé en un champ de bataille, et nous déclarons avec orgueil que les femems s'y sont montrées aussi intérpides que les citoyens. Tout le monde a été envahi par la colère, mais personne n'a senti la peur. Tels sont les actes de l'armée prussienne et de son roi, présent au milieu d'elle. Le Gouvernement les constate pour la France, pour l'Europe et pour l'histoire.

  Le ministre des affaires étrangères a envoyé à nos agents diplomatiques une protestation du Gouvernement de la défense nationale contre le bombardement de la ville de Paris. Cette protestation doit être mise sous les yeux des représentants des cabinets européens.

- L'Effet psychologique. C'est de ce nom tout philosophique que la nation des bombardeurs qualifie ce que nous appelons tout simplement l'effet moral. C'est un effet psychologique que cherche M. de Bismarck en couvrant Paris de mitraille ; mais son effet est encore une fois manqué. Paris ne se laisse pas plus émouvoir par les bombes que par tous les autres procédés d'intimidation qu'on a essayés sur lui jusqu'à présent. Les habitants des quartiers menacés déménagent tranquillement pour se réfugier dans l'intérieur de la ville, où il se trouve plus d'appartements vides qu'il n'en faut pour les recevoir. Quant à ceux qui habitent en lieu sûr, il s'en vont à titre de promenade, voir tomber les obus et en rapportent des éclats comme souvenir du siège. Dimanche, c'était un véritable pélérinage de la rive droite sur la rive gauche. A Auteuil, un marchand de vins, dont la maison avait reçu deux projectiles, faisait peindre son enseigne : AU RENDEZ-VOUS DES OBUS. Et pendant que le canon grondait autour de Paris, le Théâtre-Français jouait, l'Opéra donnait un concert. Salle comble dans les deux théâtres. L'intelligente population de Paris allait se retremper aux sources du répertoire classique, et applaudissait à outrance les interprêtes dont le talent lui faisait sentir qu'elle était restée, au milieu des brutales horreurs de la guerre, en pleine possession de ses instincts artistiques et littéraires.

  INFORMATIONS ET FAITS DIVERS - Lettres prussiennes. Le contre-amiral Pothuau a adressé au Gouverneur deux lettres trouvées sur un prisonnier, qui montrent les cruelles souffrances auxquelles la guerre actuelle soumet l'Allemagne, et les odieux mensonges que continuent à employer les chefs de l'armée prus-


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Un grand merci à Philippe ROBY (Philatélie72) collectionneur passionné pour nous avoir transmis ces documents.


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Toussaint COPPOLANI
Toussaint COPPOLANI

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