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Biographie de Luc-Olivier Merson, les timres au type Merson, France, colonies, bureaux français à l'Etranger.

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La Gazette des Absents (numéro 3)


N 3, Samedi 29 Octobre 1870

PARAIT
Les Mercredi et Samedi
A 10 H. DU MATIN
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LETTRE-JOURNAL
DE PARIS
Gazette des Absents

Prix : 15 centimes.
EN VENTE A PARIS
Rue Saint-Honoré, 338
et au bureau du Figaro
RUE ROSSINI, 3
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MERCREDI, 26 octobre 1870. -- RAPPORTS MILITAIRES : 25 Octobre . Hier, la Faisanderie a tiré quelques obus rayés sur Champigny, où il s'est produit un mouvement de troupes plus considérable qu'à l'ordinaire ; une batterie prussienne s'est mise un instant en position sur les hauteurs, près de la maison dite de l'Observatoire, pour répondre sans doute au feu d'une batterie de campagne installée dans la redoute de Saint-Maur ; mais, celle-ci ayant cessé son feu, la batterie prussienne s'est retirée ; la reconnaissance du fort de Charenton a découvert que l'ennemi a fait une tranchée dans le prolongement de la barricade construite sur la route de Bâle, à 1,200 m de Créteil, afin de se mettre en communication avec La Marne et avec l'île Saint-Julien.

INFORMATIONS ET FAITS DIVERS. - Volontaires. Les bataillons de volontaires de la Garde Nationale se forment avec activité. On en cite un, celui de Passy, qui a donné à lui seul 800 enrôlements. - Garde mobile. Les combats livrés autour de Paris nous donnent chaque jour de nouvelles preuves de la discipline et du courage de la garde mobile. Les Prussiens sont tout étonnés de la résistance de ces soldats improvisés, qu'ils traitent d'écoliers avant de s'être mesurés avec eux. Défendu par de semblables troupes, auxquelles celles de la province ne voudront le céder en rien, Paris se sent rassuré, et sa confiance dans l'avenir augmente de jour en jour. - Ballons. Un ballon, Le Montgolfier, emportant 280 Kil. de correspondances est parti ce matin dee la gare d'Orléans. Il était monté par le colonel Le Pierre et le chef de bataillon Le Bouedec, chargés l'un et l'autre d'un commandement en province. On dit toujours que M. Dupuy de Lhôme aurait trouvé le moyen de diriger les ballons. Si le problème était enfin résolu, et qu'il nous fût dès lors possible de correspondre librement avec la province, les souffrances du siège, si tant est qu'il nous en soit résevé, nous trouveraient indifférents. - Les approvisionnements. Quand on a annoncé que Paris était approvisionné pour deux mois, on a voulu dire que, pendant deux mois, on pourrait vivre à peu près comme à l'ordinaire ; et, en effet, voilà presque six semaines qu'il en est ainsi. Sans doute, si l'état des choses continue, il faudra en venir un jour aux privations ; mais elles seront très supportables, et la vie un peu restreinte ; dont nous sommes peut-être menacés nous permettra encore d'attendre les événements pendant deux ou trois mois, sans que notre santé puisse en souffrir. Et puis n'y a-t-il pas lieu de compter que des sorties habituellement faites nous permettront prochainement de nous ravitailler ?

JEUDI, 27 octobre. - Pas de rapport militaire. Il a plu toute la journée du 25, et aucun engagement n'a été signalé. - Voyages en ballon. La Société des transports aériens organise des voyages réguliers qui devront avoir lieu de trois en trois jours, à partir du commencement de novembre. Les bal-
  lons emporteront des objets à destination de la France et de l'étranger, ainsi que les voyageurs auxquels le gouvernement aura accordé l'autorisation de quitter Paris. - Les Courriers. Plusieurs personnes ont entrepris d'envoyer nos lettres par des courriers chargés de rapporter des réponses. Nous n'avons pas connaissance qu'il ait encore été répondu à aucune lettre expédiée par cette voie. La Société générale forestière, ayant à sa disposition des agents dont le métier est de connaître les bois et de se glisser par les entiers inexplorés, va tenter d'envoyer eds courriers dans le même but : elle pense que son organisation et ses ressources offrent de plus grandes chances de réussite. Puisse-t-il en être ainsi, car l'absence de nouvelles de nos chers absents et la seule disette dont nous souffrions aujourd'hui. - La Conférence de M. Legouvé. Le Théâtre-Français a rouvert hier ses portes par une matinée littéraire au profit eds blessés. La salle était comble. Ce n'était plus ce que nos élégants appelaient autrefois une belle salle, mais une bonne salle : toilettes sombres, pour les femmes comme pour les hommes ; mais sous la complicité du vêtement battaient des coeurs animés des plus ardents sentiments de charité de patriotisme. La séance a été occupée presque tout entière par la Conférence de M. Legouvé. Il a tout d'abord pensé aux absents : « Les malheureux. nous a-t-il dit, ce sont eux ! Ce sont les absents ! Sans doute, nous souffrons, nous ; mais nous agissons, nous luttons ; mais eux ! Quel supplice ! Isolés ! oisifs ! passant leur journée à prêter l''oreille du côté de Paris ; pour entendre s'il ne leur arrive pas quelque bruit de délivrance. Ils sont sur la terre de France, et il leur semble être sur la terre d'exil. Les lettres qu'ils reçoivent de nous ne les rassurent qu'à demi. Nous étions sains et saufs quand nous leur avons écrit : le sommes-nous encore quand ils nous lisent ?». M. Legouvé a terminé son discours par un remarquable tableau du Paris actuel, aussi vrai qu'il est insolent. l'orateur a foi dans l'avenir, et ce qui lui donne cette foi, c'est l'état général de nos affaires, et surtout, l'aspect ed la capitable embellie par la résistance : « Ah ! Paris, s'écrit-il, a bien le droit de s'appeler le coeur de la France, car c'est son héroisme qui a produit ce miracle. Aussi vous l'avouerai-je ? Je m'indigne quand j'entends dire à quelques personnes que Paris est triste d'aspect ! Paris triste ! Je ne l'ai jamais trouvé si beau ! Oui, ce Paris cerné, bloqué, Bastille sans chemins de fer, sans spectacles, sans gaz, et découronné par sa propre main comme une veuve qui coupe sa chevelure en signe de deuil, ce Paris me semble mille fois plus brillant que dans ses plus beaux jours de fête. Que dis-je ? plus brillant même que dans les incomparables mois de l'Exposition universelle, où il donnait une hospitalité si loyale et si cordiale à ceux qui l'égorgent aujourdhui ! Car Paris alors n'exposait aux yeux du monde que son génie : aujourd'hui il lui expose quelque chose qui vaut mille fois plus que toutes


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Un grand merci à Philippe ROBY (Philatélie72) collectionneur passionné pour nous avoir transmis ces documents.


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Toussaint COPPOLANI
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