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Julien-François Jeannel, inventeur de la poste aérienne, le siège de Médéa


La guerre de 1870
Les « Papillons de Metz »
Le Dr Julien-François Jeannel
L'épisode de Médéa
Index des noms cités
Sources bibliographiques

Médéa : les anciennes portes de Lodi

(in Le Dr J. F. Jeannel, réalisateur de la première poste aérienne, J.M. Rouillard, P. Fauveau)

« Sa première campagne eut lieu, en Algérie, en 1840. Il devait d'emblée s'illustrer : le 18 Février, il se voyait affecté au Service des Ambulances dans l'Armée du Maréchal Valée (1773-1846).
Voici comment l'attention du haut commandement devait se porter sur le jeune pharmacien aide-major Jeannel, âgé de vingt six ans.
Le 12 Mai 1840, le Général Duvivier livrait le combat du col de Mouzaia. Ce fut une glorieuse victoire, à laquelle participèrent Lamoricière, le Due d'Aumale, et le Duc d'Orléans. Elle permit au Maréchal d'occuper la ville de Medea, sans coup férir, car tous les habitants s'en étaient enfuis. Le Général Duvivier se vit confier la charge de la garder avec deux mille hommes comprenant de l'infanterie (le 23e de ligne), de l'artillerie, du génie et des services administratifs.
Nous tirons principalement nos renseignements sur cette campagne, d'un récit manuscrit en provenance du 23e de ligne et précieusement conservé.
Le gros de l'armée s'éloigna en direction de Miliana. Medea fut alors attaquée en force par Abd-el-Kader et encerclée. Les arabes firent preuve d'une intrépidité extraordinaire, mais ne purent enlever la place -
Abd-el-Kader
Abd-el-Kader
« On vit des Chefs à pied ou à cheval, venir se faire tuer sur les ouvrages. Deux d'entre eux portaient des décorations d'Abd-el-Kader. Et ces décorations furent offertes par la suite au Duc d'Orléans par le 23e de ligne ».


L'ennemi n'ayant pu s'emparer de Medea, tint cependant la place très étroitement bloquée.
Or, les assiégés ne disposaient que de faibles ressources alimentaires. Il y avait 528 têtes de bétail, mais nul fourrage pour les nourrir. Ce fut alors, qu'intervenant dans le domaine de l'intendance, le Pharmacien aide-major Jeannel proposa d'abattre les bêtes encore saines et d'en faire de la viande fumée ; et de produire avec les boeufs morts ou malades, des tablettes de bouillon. S'inspirant de ce qui se pratique dans le Nord de l'Europe, et en particulier dans nos campagnes lorraines, où l'on rend imputrescible, par fumigation lente, de grandes quantités de viandes, son idée est de réaliser une fumigation rapide par carbonisation sur bois, en tranches minces. Le Général Duvivier donna son accord. Jeannel installa des chambres à fumigation dans les bains maures et comme combustible, il utilisa des matériaux prélevés sur les maisons abandonnées.
En outre, il fabriqua à partir des boeufs morts, une sorte de gélatine, qu'il ne faut pas confondre avec le produit nommé gélatine par les chimistes. La gélatine de Medea est un extrait de bouillon préparé avec tout ce que le boeuf mort, ou sur le point de l'être, peut céder à l'eau bouillante.
Ainsi, selon le rapport de Jeannel, (Cf. le « Recueil de Médecine et de Pharmacie Militaire », Paris, 1841, chez Maquet p. 263 à 209) se développa.- « L'activité d'une grande usine en pleine exploitation, derrière un rempart que l'on se hâtait d'élever... ». L'usine réussit à produire: 16 quintaux de viande fumée ou d'extrait de bouillon. La viande fumée permit à la garnison de se maintenir pendant 45 jours. Quant aux tablettes de bouillon, réalisées à Medea dans les circonstances les moins favorables et avec les moyens les plus imparfaits, elles ont été une ressource alimentaire importante et les ravages de la famine en furent diminués. Quand le Général Changarnier débloqua la place le 29 Août 1840, après trois mois de siège, la colonne de ravitaillement trouva une garnison exténuée, mais qui tenait encore grâce à ces « rations de survie ».
L'Historien du 23e de ligne conclut modestement par ces mots: « Chacun avait fait son devoir ».
Jeannel fut à l'honneur. il reçut une lettre de félicitation du Ministre de la Guerre, le Maréchal Jean de Dieu Soult, Duc de Dalmatie, lettre ainsi conçue :

« Il ma été rendu compte, Monsieur, des services que vous avez rendus à Medea, en août dernier. J'ai lu avec le plus vif intérêt les détails qui m'ont été, fournis sur l'énergie et le dévouement éclairé avec lequel, mettant à profit vos connaissances en chimie, vous avez créé des ressources pour alimenter la garnison de Medea et la préserver du désespoir. Je vous en témoigne toute ma satisfaction et je chercherai en toute occasion à vous tenir compte de votre belle conduite ».

Au bas de l'acte on lit :
Le Président du Conseil, Ministre de la Guerre, Maréchal Duc (Cf. Dalmatie, Paris, It, 15 Janvier- 1841. Peu après, en 1842, Jeannel était nommé Pharmacien Major à Toulouse. Il fut sensible à cette promotion. Le 16 Mai 1843, il est Pharmacien en Chef à l'Hôpital Militaire de Bordeaux, où il poursuit ses activités universitaires et scientifiques et ne peut s'empêcher, dans certaines polémiques, de laisser s'exercer son esprit combatif. »

Crédits

Un grand merci à Alain Fauveau, arrière-arrière petit-fils de Julien-François Jeannel qui m'a transmis de nombreux documents sur son illustre ancêtre, dont le texte de la Conférence de MM. P. FAUVEAU et J. M. ROUILLARD faite à l'Académie de Metz. 

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Toussaint COPPOLANI
Toussaint COPPOLANI

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