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Luc Olivier Merson, Une noble vie d'artiste par Adolphe Giraldon


portrait de luc-olivier merson
Luc-Olivier Merson (1846-1920)
Sommaire général
Vie
Oeuvre
Images des oeuvres
Les timbres de France au type Merson
Les timbres étrangers au type Merson

par ADOLPHE GIRALDON, Imprimeurs Frazier-Soye, A. Porcabeuf, PARIS 1929

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  C'tait, vraiment, la ville unique, le lieu consacr, le temple de l'Art, o pouvaient s'panouir, dans la paix et dans la joie, les aspirations les plus hautes. Quelle plus sduisante rcompense offrir aux efforts de la jeunesse?
  Dans ce cadre merveilleux, la Villa Mdicis se dresse comme une Mecque que, seuls, de rares lus peuvent atteindre.
  Quatre annes, presque une existence, cet ge! Quatre annes de vie matrielle assure, sans soucis, sans basses proccupations. Au milieu de camarades, tous artistes, pleins d'enthousiasme et dj experts en leur art: peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et musiciens, ils vont, dsormais, mener une existence uniquement consacre l'tude, au travail, la ralisation de leur idal. Aucun rglement ne limite leur dsir. Ce n'est pas la salutaire contrainte de quelques travaux imposs qui pourra jamais retenir l'lan d'un artiste vraiment dou.
  L'existence, l'poque o se place ce rcit, tait autre qu'aujourd'hui, c'est certain. La lutte tait moins pre, les besoins moins imprieux, l'effort moins redout, la mode moins tyrannique et

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moins capricieuse. Il y avait, dans l'air, moins de thories hasardes. Une certaine rgle tait accepte. Les traditions taient aussi plus respectes.
  Ce n'est pas ici qu'il convient de discuter et de dcider si cet tat de choses et d'esprit tait meilleur ou pire. Les deux thses, pour ou contre Rome, peuvent s'affronter. Chacune a ses partisans, qui peuvent se jeter la tte des noms qui ne prouveront qu'un fait bien connu : c'est que « l'esprit souffle o il veut » et que ce n'est pas d'avoir le prix de Rome ou de ne l'avoir pas qui fait clore le gnie ou qui peut l'teindre.
  Le gnie devine tout. Il « invente ». Il s'accommode de tous les enseignements; il y puise la substance ncessaire son dveloppement et a tt fait de s'affranchir de rgles trop troites qui entravent son essor.
  Mais il s'agit rarement de gnie. Ce n'est pas son intention, aprs tout, que sont cres les coles. Et le Prix de Rome n'est pas la conscration du gnie. Ce n'est ni une fin, ni un but en soi et l'erreur est, peut-tre, d'accorder un tel prestige au laurat et de lui conserver toute

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sa vie le bnfice de ce titre, mme s'il n'a rien fait pour accrotre son propre mrite.
  Il n'est qu'une tape dans la carrire, une sorte de classement de valeurs relatives, un encouragement mieux faire ou encore, un diplme de fin d'tudes, de certaines tudes que nul n'est oblig de poursuivre jusque l.
  C'est un moyen, un excellent moyen, donne ceux qui ont le got de la tradition de s'en instruire, d'y puiser, en mme temps que dans la Nature et dans la Vie, les leons qui peuvent le mieux les aider exprimer leurs propres sentiments. S'ils sont vraiment dous de personnalit, quel mal pourra leur faire cette existence, loin du bruit et de la mode, l'abri du besoin pressant, parfois si nuisible, au milieu des souvenirs et des chefs-d'uvre des civilisations disparues, dans une atmosphre, de lumire et de beaut ? Et s'ils ne sont capables d'autre chose que de devenir de bons artisans, comme beaucoup, en quoi une vie plus libre leur profiterait-elle mieux ? Ils n'en deviendraient pas plus originaux pour cela, car il est aussi facile, sinon plus, de devenir le pompier de

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la rvolte que le pompier de la tradition.
  Tel qu'il est, le Prix de Rome serait plus ou moins rtabli, ds qu'il aurait t supprim ceux-l mmes qui l'auraient le plus ardemment combattu; ce qu'il est bon d'en rformer tenant plus aux hommes, aux prjugs, aux fatales routines dformantes, qu' l'institution elle-mme.
  Et puis, que ceux que leur nature, leur got entranent vers un autre idal cherchent ailleurs leur voie. Qu'ils n'encombrent pas les rangs et n'y fassent pas figure de victimes ou de rvolts pour la simple gloriole d'un titre vain.
  Mais, laissons ces considrations. Si je les ai abordes ici, c'est que Merson a gard, toute sa vie, un souvenir profond et reconnaissant de son sjour la Villa, tout en s'tant efforc, dans ses longues annes d'enseignement, de corriger les abus qu'il tait le premier reconnatre.
  Merson obtint donc le prix.


*
* *

  Il tait jeune, il avait peine dpass la vingtime anne. C'tait, nous l'avons dit, la premire fois qu'il entrait en loge.

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  Ce fut un beau succs, une surprise, une rvlation.
  C'est que ce tableau., « le soldat de Marathon », ce devoir de bon lve, avec toute son inexprience, accusait dj une forte personnalit, et, pour dire le mot qui clairera toute sa carrire, une intelligence.
  Ici, le drame s'explique clairement, l'instant pathtique indiqu par le programme. Tous les acteurs concourent le renforcer, l'accentuer. Ils expriment en attitudes et gestes prcis, la surprise, l'motion, la joie que cause la nouvelle annonce par le soldat expirant.
  Les sentiments dpeints sont tels qu'en tous temps, en tout pays, un vnement pareil pourrait susciter.
  D'autre part, le mtier s'y montre dj en, certaines parties accompli.
  On dcouvre aisment dans cette premire oeuvre, cette aptitude que conserva toujours son auteur, trouver le geste expressif, exempt de banalit et tout personnel (parce que bas sur l'observation de la vie). Ce souci du dtail juste et pittoresque, on pourrait dire « explicatif»,

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Toussaint COPPOLANI
Toussaint COPPOLANI

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